Démocrate
Les Démocrates sont ici les citoyens les plus favorables au marché, à condition que celui-ci soit encadré et adapté aux exigences de la démocratie. Ils défendent une complémentarité entre démocratie et marché. D’un côté, ils sont attachés aux libertés individuelles, notamment à la liberté d’entreprendre. Ils sont globalement favorables à la propriété privée des entreprises, à la compétition économique et à la concurrence sur le marché du travail, y compris lorsque celle-ci s’ouvre aux travailleurs immigrés. Ils acceptent que le marché joue un rôle dans l’allocation des emplois et dans la distribution primaire des biens et des services.
Pour autant, ils attendent de la démocratie qu’elle corrige certains effets négatifs du marché, notamment par des dispositifs de soutien aux chômeurs et par une fiscalité redistributive. C’est précisément parce que le marché est ainsi régulé qu’ils lui sont favorables. De même, les interventions de l’État visant à répondre aux besoins et aux attentes des citoyens sont largement acceptées, dès lors qu’elles s’inscrivent dans un cadre démocratique et respectent les procédures qui lui sont propres.
Autoritaire
Les Autoritaires réclament un État fort, chargé de mettre en œuvre leur conception du bien, généralement adossée à une autorité religieuse ou à une idéologie dominante. Cet État n’hésite pas à subordonner les logiques propres au marché à des objectifs politiques. C’est notamment le cas de l’idéal d’égalité, qui ne résulte pas d’un processus démocratique, mais est directement imposé au fonctionnement du marché, en garantissant, du moins en principe, à chacun un emploi et un revenu égal.
Les mécanismes du marché sont ainsi écartés ou fortement limités au profit d’un idéal politique fondé sur une communauté égalitaire et fermée, qui impose ses propres règles à l’activité économique.
Défiant
Les Défiants se méfient des interventions de l’État dans la société comme dans l’économie, y compris lorsqu’elles sont justifiées au nom de la démocratie, tant leur déception à l’égard de celle-ci est profonde. Ils souhaitent limiter le rôle de l’État parce qu’ils jugent les gouvernants incompétents, inefficaces ou corrompus, et non parce qu’ils adhèrent au principe de la « main invisible » d’Adam Smith.
Bien qu’ils soient conscients des défaillances du marché, ils restent convaincus que les interventions publiques seront détournées à leur détriment ou profiteront avant tout à d’autres. À leurs yeux, le remède de l’intervention étatique est toujours pire que les maux qu’il prétend corriger. L’État doit certes garantir un minimum d’ordre, mais il ne doit plus prétendre répondre à l’ensemble des besoins de la population. Les Défiants adoptent ainsi une attitude profondément fataliste face aux dysfonctionnements du marché, qu’ils considèrent pour l’essentiel comme inévitables.